Je reprends ici un article que j'avais écrit sur mon autre blog. C'est le récit de l'accouchement de mon fils.
Voilà en gros comment résumer mon accouchement. Parce que OUI ça y est j'ai enfin accouché. Ca fait déjà 8 jours.
Notre bébé a pointé le bout de son nez de façon peu conventionnelle le 8 mars à 6h20 après moult péripéties.
Donc je vous résume : Jeudi dernier 4h30 réveil en fanfare à cause de
douleurs gastriques. Rien d'impressionnant mais une vague intuition me
disait d'aller faire un tour à la maternité juste pour savoir où j'en
étais. Je mets le café en route, prends ma douche et réveille Chéri.
D'un bond le voilà debout : " ca y est ? Il arrive ?" me dit-il avec un
sourire comme je ne lui avait pas vu depuis longtemps.
" Non je ne pense pas mais par précaution on va quand même aller à la maternité" je lui réponds.
Pendant
qu'il boit le café moi je passe les coups de fils indispensables.
D'abord Mamie : " Prends ton temps" que je lui dit, " on se boit le
café, y'a pas urgence". Ensuite la maternité : " Coucou c'est moi.
J'arrive dans 1 heure" ( je vous rappelle que j'ai travaillé dans cette
maternité pendant 1 an et 1/2). " Ok" me répond la sage femme " on
t'attends".
Attention à la suite, c'est trash et pourrait choquer celles d'entre vous qui n'ont pas d'enfants.
Donc je raccroche le téléphone et là une douleur affreuse me prend dans
le ventre. Vent de panique à 5 h du matin dans mon jardin.
"Chéri appelles les pompiers j'accouche à la maison".
Et
là stupeur ! C'était pas du tout prévu comme ça mais Chéri avec tout le
calme dont il dispose à ce moment là les appelles. Et moi pendant ce
temps là je souffre le martyr assise sur nos toilettes ( c'est le seul
endroit où je me sentais à peu près bien).
Et le temps paraît long, très long, très très long... Et les pompiers qui n'en finissent pas d'arriver.
"Putain de bordel de merde ils se sont perdu où quoi ? Pourtant ils ne
sont pas loin de la maison !" Et au même moment une envie incontrôlable
de pousser.
Re panique : " Chéri y'a la tête ! " Les pompiers rappelles les, fais quelque chose, j'ai mal,Bébé arrive"
Chéri ne se laisse pas démonter : " aller faut que tu sortes de là (
puisque je suis toujours aux wc) on va se le faire tous les 2 cet
accouchement". Il m'aide à parcourir les 2 mètres qui me sépare d'un
lit, m'installe comme il peut et là, moment salvateur, les pompiers qui
arrivent. OUF ! On est sauvé !
Bah pas du tout ! Il n'y avait pas de médecin avec eux et ils ne se
sentaient pas de m'aider. Tout ce qu'ils pouvaient faire c'était de me
dire de ne surtout pas pousser, que le SAMU arrivait. Une évidence même
quand vous êtes entrain d'accoucher ! Et quand vous savez que le SAMU à
45 km à parcourir avant d'arriver chez vous.
Et mon Chéri toujours là, il n'est pas encore tomber dans les pommes,
il est calme ( enfin il paraît calme), m'aide comme il peut, me tient
la main, me donne de l'eau.
Et
puis j'arrive quand même à discuter avec les pompiers entre 2
contractions, ça me laisse 20 secondes toutes les minutes pour parler
mais c'est toujours ça.
Et arrive le moment où je ne peux plus parler parce que bébé est là, juste là.
Et
le SAMU qui n'est toujours pas là et que là je ne peux plus attendre 5
mn de plus. Tant pis Chéri est là lui alors on va se faire ça
tranquillement.
1 contraction fait ressortir la poche des eaux et la tête du bébé et c'est à ce moment là que le SAMU arrive.
Pas
le temps de réfléchir à quoi que ce soit le médecin rompt la poche et
m'aide à finir d'expulser Bébé. Et c'est fini, enfin c'est ce que je
pense à ce moment-là, nous sommes 4 maintenant.
Le médecin me pose
le bébé sur le ventre le temps que Chéri coupe le cordon puis avec
l'infirmière du SAMU ils lui prodiguent les 1ers soins et l'habille.
Pendant
ce temps-là le médecin m'explique que Bébé n'est pas passé par le
chemin habituel à cause d'une mauvaise présentation, qu'il a dû tout
arraché ( sphincters etc...) qu'il nous faut partir vite à la clinique
pour passer au bloc.
Les pompiers me mette dans une coquille et
m'installe sur le brancard pendant que Chéri est allé voir notre fille
qui venait de se réveiller et pour lui montrer Bébé. Et nous voilà tous
les 2 dans le VSAB avec 3 pompiers, 1 médecin et 1 infirmière.
Direction la Clinique où je suis accueillie par mes collègues qui
m'attendaient.
La sage femme me laisse me remettre de mes émotions
et m'explique qu'elle ne peut pas me recoudre cette déchirure, que
c'est un truc trop compliqué pour elle, qu'elle n'a jamais vu ça. A ce
moment là je me dis que c'est pas grave. Le plus important c'est que
Bébé aille bien et le Papa aussi. D'ailleurs ils sont dans la salle à
côté entrain de finir les soins commencés par les SAMU. Le gynéco
arrive et reste dubitatif pendant de longues minutes devant cette
déchirure. Et moi j'attends le verdict puisque l'enjeu est que je
devienne incontinente complète et que j'avoue qu'à 30 ans j'ai d'autres
perspectives que de vivre avec des couches jusqu'à la fin de mes jours.
Bilan : Miraculeux. Rien n'a été touché, je ne deviendrais pas
incontinente. Quelques dizaines de points suffiront à réparer tout ça.
OUF !!!
De l'aveu du gynéco c'est un miracle. Il n'avait jamais vu
ça de toute sa carrière à part dans les livres. D'ailleurs il s'est
même demandé s'il n'allait pas écrire un article dans une revue
spécialisée sur mon cas tellement c'est incroyable.
En quelques secondes je suis devenue un cas étrange qui intéressait tout le service.
Enfin
! Tout ça c'est bien beau mais faut recoudre maintenant. La Sage femme
demande à ce que j'ai une péridurale parce que ça va être long et
douloureux. Donc l'anesth vient me la poser. Le gynéco me fait en plus
une anesthésie locale et c'est partit pour 1 heure de couture sous les
yeux de Chéri et de Bébé.
Ensuite retour en chambre avec une partie
de la famille mais il manque ma fille. Chéri est donc allé la chercher
à la maison et nous voilà enfin tous réuni.
Plus tard dans la soirée
j'apprendrais quelque chose qui m'expliquera pourquoi le gynéco disait
que c'était un miracle. En fait le médecin du SAMU pensait me
transférer sur Purpan ( CHU de Toulouse) car il ne savait pas si on
allait s'en sortir vivant tous les 2. Et là j'avoue que j'ai prise un
coup de massue sur la tête car dans la panique je n'avais pas vu les
choses comme ça.
Maintenant l'essentiel est que tout aille bien. Il
va me falloir quelques mois pour que tout se remette en place, une
vingtaine de séances de rééducation avec une sage femme et tout
rentrera dans l'ordre pour moi. Bébé lui n'a pas souffert du tout donc
il se porte comme un charme, il est magnifique, calme. Un vrai bonheur.
Le Papa se remet petit à petit de ses émotions mais il est fier comme pas 2 de ce qu'il a fait.
Quand à la grande soeur elle est super contente de cette arrivée dans
la famille. Elle participe à tout des tétées au change en passant par
le bain. Elle veut être là.
En tout cas ça restera une sacrée expérience. On s'en souviendra toute
notre vie. Chéri a été d'un sang froid incroyable, il n'a paniqué à
aucun moment et je ne le remercierais jamais assez d'avoir tenu le coup.
Une chose est sûre c'est que ça nous rapproché. Quand je dis qu'il est parfait mon Chéri.
Merci à vous toutes qui m'avez envoyer
des mails ou qui m'avez laissé des messages sur MSN. J'ai bien tout lu
mais je n'ai pas encore eu le temps de vous répondre.
Je vous laisse. J'ai un Bébé qui m'attends.
Je vous fais à toutes et tous de gros bisous.